Le Jardin Public

30/05/2009 20:13 par rouiba

14/-LE JARDIN PUBLIC

Orgueil de Rouïba et ajuste titre, notre jardin public faisait l'admiration de tous ses habitants et était jalousé des communes voisines.
D'une superficie de 10 hectares il fut créé dans les années 1930 sur une partie du communal. Il devait être pratiquement détruit entre 1942 et 1946 car durant cette période de guerre il servit tout simplement de lieu de casernement aux différentes armées stationnées à Rouïba ainsi que de camp de prisonniers.
Dès 1948 un jardinier floral, monsieur Vadel, eut pour mission de le remettre en état. Si la plupart des arbres purent être sauvés il fallut par contre recréer le jardin à la Française dans sa rigoureuse symétrie et restaurer la fontaine décorative et son chemin d'eau tout en l'améliorant. Deux bacs à sable pour les enfants furent installés au milieu de ce havre de verdure. Une roseraie fut plantée. Les rosiers grimpants s'étalaient sur une pergola à colonnes autour de laquelle étaient disposés de nombreux bancs de
même que dans les clairières aménagées. Une magnifique pelouse de gazon Ki Kouyou parsemée ça et là de massifs de rosiers nains aux roses écarlates, parfaitement entre¬tenue et abondamment arrosée dès les premières chaleurs, étalait sous les pieds des promeneurs son tapis vert.
En 1949, 2 cours de tennis vinrent compléter ce cadre enchanteur.
Dès 1951, l'éclairage fut installé. Ce qui posa quelques problèmes à la ville car certains garnements, dès la nuit tombée, faisait quelques cartons au lance-pierre sur les ampoules. A l'entrée du jardin une stèle à la mémoire de Joseph Gêner, ancien maire, fut inaugurée la même année.
Que de souvenirs évoque à tous Rouïbéens ce lieu de paradis qui, de promenades familiales à la recherche d'un peu de fraîcheur en ces fins de journées d'été si chaudes, qui de ces photos de famille, qui d'un baiser furtivement échangé à l'abri des regards indiscrets, paradis sacré où combien d'amours y sont nées et y ont trépassé tels ces éphémères, gracieux papillons, qui naissent au lever du jour et s'éteignent avant l'au¬rore. Ce jardin était aussi un lieu de nidification pour les chardonnerets, serin, verderons et pinsons. Qu'il était agréable lors de promenades d'entendre leurs joyeux gazouillis et d'admirer leurs couleurs étincelantes lors de leurs haltes sur les différents bosquets.
C'est avec les fleurs du jardin public que la municipalité fit réaliser une croix de Lorraine de 2 mètres de haut dans le V de la Victoire pour la venue du Général de Gaulle au forum d'Alger en mai 1958. C'est un commandant de l'armée suivi par une délégation de Rouïbéens qui livra cette gerbe au gouvernement général. Elle devait être accrochée au célèbre balcon.
Parler de Rouïba sans parler de son jardin public aurait été un sacrilège.

Actuellement le jardin se trouve malheureusement à l'abandon.


Avec l'autorisation de Mr Pierre CARATERO

Les Stade de Foot

30/05/2009 20:11 par rouiba

13/-LES STADES DE FOOTBALL

La création de la première équipe de football à Rouïba provoqua un véritable engouement pour ce sport parmi la population.
Le premier terrain de foot fut construit et entretenu par les joueurs ainsi que leurs supporters. Il se situait le long de l'Avenue d'Aïn-Taya jouxtant la propriété Bouchardon. Une cabane de planches faisait office de vestiaire. Le dimanche lors des matchs une foule de rouïbéennes et rouïbéens exhubérants venait encourager leur équipe. C'était a l'époque avec le cinéma muet, les seules distractions dominicales.
C'est en 1931 qu'un nouveau stade fut aménagé au quartier neuf à la limite de la propriété Bouils toujours par les joueurs qui durent débroussailler le terrain qui n'était qu'un véritable champ de ronces. Seul le feu réussit à en venir à bout. Au cours de cette opération Burla
qui avait imprudemment posé sa veste n'y retrouva que des cendres. Malgré tous ces travaux de nettoyage, lors des premiers entraînements on dut compter de nombreux ballons crevés. En guise de vestiaire, on installa le long du terrain une immense caisse d'emballage d'avion. Ce n'est qu'en 1936 que le stade fut amélioré tout particulièrement le terrain recouvert de tuf.
Durant la dernière guerre mondiale, le stade comme le jardin public servit de caser¬nement aux troupes alliées ainsi qu'aux prisonniers italiens. A leur départ, on s'aperçut que tout était à refaire.
En 1946, la municipalité entreprit sa restauration. Le parking fut aménagé, des palmiers plantés en 1936 furent conservés et le terrain refait. Un mur d'enceinte fut bâti, on construisit 2 vestiaires en dur de chaque côté de l'entrée principale ainsi qu'un troi¬sième pour les arbitres. Des douches y furent installées. La buvette, simple baraque de planches, laissa sa place à un bâtiment aussi rationnel qu'esthétique. C'est un incondi¬tionnel de l'O.R., Nicolas Gorias, qui là géra.
En 1953, la société des travaux Nord Africains dota le stade d'une tribune couverte pouvant contenir 800 spectateurs. On en profita pour construire un terrain de hand-ball à 7, ainsi qu'un fronton dans le prolongement des tribunes, d'installer un tableau de marquage et surtout de poser un éclairage autour du terrain, ce qui permit d'améliorer les conditions d'entraînement.
Les événements d'Algérie ne permirent point d'organiser, comme prévu, des rencontres nocturnes.
En 1948, un appartement réservé au gardien y fut construit. C'est un ancien joueur de l'O.R., Mamar Ben Boutelja, qui l'occupa.
Le stade reçut le nom de Joseph Gêner, ancien maire.
Si ce fut le football qui utilisa le plus souvent ces installations, des rencontres de hand-ball à 11 ainsi que de moto-ball s'y déroulèrent ainsi qu'un match de rugby disputé entre 2 équipes militaires. Pour l'occasion, des perches de bois avaient été sommairement fixées le long des poteaux de but.
En 1946, le premier coup de pioche d'une cité omnisport avait été donné au jardin public. Une piscine y était prévue.   Ce projet fut rapidement abandonné.

Le stade Chebcheba connu une grande opération de rénovation avec la construction du tartan et une Piste d'athétisme


Avec l'autorisation de Mr Pierre CARATERO

L'Hôpital

30/05/2009 20:02 par rouiba

12/-L'HÔPITAL

 

 

Rouïba, depuis la dernière guerre, désirait s'équiper d'un hôpital. Mais la direction de l'action sanitaire et sociale se faisait tirer l'oreille. Ce n'est qu'en 1957 que l'autorisa­tion fut accordée. L'emplacement retenu se situait sur une ancienne vigne route de Réghaïa, entre le cimetière et le village.

 

Le 17 Mars 1958, monsieur le docteur Sid Kara, secrétaire d'état à l'Algérie, entouré de la municipalité et des autorités civiles et militaires posa la première pierre. Début 1962, l'hôpital était terminé mais ne fut jamais ouvert au public. D'une capacité de 100 lits, mais construit de telle sorte que différentes extensions auraient pu porter sa capa­cité à 450 lits, il était équipé d'un bloc opératoire de première urgence. Au printemps 1962, il fut réquisitionné et servit de centre de détention pour les blessés et malades de l'O.A.S. La municipalité, dès qu'elle en fut informée, s'empressa d'y installer un poste de télévision, une bibliothèque et chaque dimanche fit livrer aux détenus des pâtisseries.

 

 

DISCOURS PRONONCÉ PAR MONSIEUR BEUCHOTTE MAIRE DE

 

ROUÏBA LORS DE LA POSE DE LA PREMIÈRE PIERRE DE L'HÔPITAL DE ROUÏBA.

 

 

Monsieur le Ministre, Monsieur l'Inspecteur Général, Mesdames. Messieurs,

 

Je suis à la fois ému et honoré de vous accueillir tant au nom de ma population qu'en mon nom personnel dans cette commune de ROUÏBA qui connaît depuis quelques mois un déve­loppement extrêmement important.

 

D'autant plus heureux. Monsieur le Ministre, qu'après les manifestations antérieures qui précédaient plus de l'économique que du social!, nous voyons se réaliser aujourd'hui le vieux rêve de foutes tes municipalités qui se sont succédées jusqu'ici à ROUÏBA, j'entends la réalisa­tion de cet Hôpital dont vous avez, dans un geste particulièrement émouvant, posé tout à l'heure la première pierre.

 

Monsieur le Ministre, mieux que quiconque, en votre double qualité de ministre et de médecin, vous savez qu'un hôpital représente un des facteurs indispensables à l'organisation quotidienne de la vie et vous comprenez d'autant mieux notre émotion et notre satisfaction, qu'il incombe à toutes les municipalités soucieuses de leur population, de s'acquitter de cette organi­sation quotidienne.

 

Grâce à la construction de cet hôpital, il sera mis fin pour les citoyens de notre région, aux transferts toujours pénibles des malades d'un territoire au territoire d'une autre commune.

 

Dans le même temps, un bienfait ne venant jamais seul, à la faveur de la réforme intro­duite dans la gestion des hôpitaux par Monsieur le Ministre de l'Algérie auquel, profitant de l'oc­casion présente, j'adresse tous nos sentiments de reconnaissance, pour son action fructueuse et pleine de courage, nos malades ne connaîtront plus l'administration anonyme de lointains commis qui, bien que parfaitement intentionnés, ne pouvaient sentira distance, leurs besoins, et Us bénéficieront de ta gestion humaine que réalise l'administration communale, dans toutes ses manifestations.

 

Je vous remercie infiniment, Monsieur le Ministre, d'avoir bien voulu nous honorer de votre Présence ; Elle est le gage précieux d'une union chère à nos cœurs.

 

Je remercie également Mon si eu r I Inspecteur Généra I de l'Administration et ses colla bo -rateurs qui nous ont aidés de leurs conseils et de leur appui, Je veux voir dans cette conjonction de bonnes volontés illustrée encore par la présence fraternelle parmi nous, des représentants de tous les douars de notre commune, non pas seulement une heureuse fortune dans les destinées de ROUÏBA, mais plutôt te véritable aspect de l'Algérie moderne dans laquelle, en intensifiant la Vie des villes et des villages, on élargit les libertés des cités, condition de l'équilibre politique et de la grandeur du Pays.

 

 

 

Après l'indépendance l'hôpital a connue plusieurs extensions avec la création de plusieurs services de : Chirurgie Générale, de Pédiatrie, de Médecine Interne, de Maternité, de Pneumo-Phtisiologie, des urgences Chirurgicale et de Médecine, sans oublier le plateau technique et la médecine légale.

 

 

Sa nouvelle Direction fut  installée à l'Est à proximité du Cimetière Chrétien.

 


Avec l'autorisation de Mr Pierre CARATERO

Les Vétérinaires

30/05/2009 19:59 par rouiba

11/-LES VÉTÉRINAIRES

Deux forgerons de Rouïba messieurs Jean Desbon et Jean Orfîla firent office de vétérinaires et pratiquèrent les saignées sur les chevaux.
Il y eut messieurs Magneville, Laize, Roux, Coste et Perron qui, jusqu'en 1962, officia. Il était le vétérinaire du service sanitaire de l'aéroport de Maison Blanche.

 

 

Avec l'autorisation de Mr Pierre CARATERO

Les Sages Femmes

30/05/2009 19:58 par rouiba

11/-LES SAGES-FEMMES

La première sage-femme de Rouïba fut madame Bartes puis madame Cialix. Made¬moiselle Buttar devait lui succéder. Les accouchements avaient lieu à domicile avec l'aide des médecins couramment jusqu'en 1960. La population musulmane, dans sa grande majorité, ne faisait que rarement appel à une sage-femme ; c'était généralement les femmes âgées qui se chargeaient des accouchements.

 

Avec l'autorisation de Mr Pierre CARATERO

Les Pharmacies

30/05/2009 19:56 par rouiba

10/-LES PHARMACIES

Rouïba disposait de 2 pharmacies situées l'une sur la place du marché, l'autre sur celle du monument aux morts.
La première citée fut tenue par monsieur Mellis qui était le beau-frère du docteur Lassère puis par monsieur Rigal et enfin par madame Nicolas-Monpère.
La seconde fut créée par monsieur Vernet ensuite reprise par monsieur….. Edmond qui eut comme successeur mademoiselle Benoît qui épousa monsieur Décailler.

La dernière citée resta toujours pharmacie de l'état, puis elle a été choisie pour qu'elle soit réservée uniquement aux malades atteints des maladies chroniques "diabète" dont une convention avec la CASORAL de Rouiba était signé pour la prise en charge des malades de la commune où ces derniers auront le droit de s’approvisionner gratuitement en médicaments.


Avec l'autorisation de Mr Pierre CARATERO

Les Médecins

30/05/2009 19:54 par rouiba

9/-LES MÉDECINS

Le premier médecin qui vint s'installer à Rouïba en 1899 fut le docteur Ali. Puis vint ensuite le docteur Lassère qui partageait son temps entre la médecine et la gestion de sa propriété vinicole. Ce fut aussi un inconditionnel de la pêche en mer. Lorsqu'il prit sa retraite, il se retira dans sa villa de Surcouf et se consacra entièrement à ses 2 distrac¬tions favorites : la pêche et pour cela il possédait 3 bateaux dont un palangricr et à la chasse.
Vint ensuite le docteur Artigue, originaire des Antilles, dont le fils empruntait régu¬lièrement une échelle à la menuiserie de Baptiste Gilabert pour dénicher les nids d'oi¬seaux et était allergique aux chemins de fer lorsqu'il devait se rendre à l'E.P.S. de Maison Carrée ce qui, par la suite, ne l'empêcha pas de faire une brillante carrière médi¬cale à Alger et d'être élu premier magistrat de la commune de Mustapha.
D'autres médecins se succédèrent à Rouïba. Les docteurs Pérez, Boulouk Bachir, Devet, Tadéï, Lavallée et son fidèle infirmier «de formation maison» Mamouth excel¬lent pêcheur à la ligne qui le suivit à Saint-Tropez.
Mamouth nous a quitté en 1986. Lors des funérailles de ce français de confession islamique d'origine Coulougli*, l'Abbé Dammart, curé de Saint-Tropez d'origine kabyle, lui rendit un poignant hommage.
Coulougli : sous la régence, musulman dont le père était turc.

Il y eut aussi à Rouïba les docteurs Rénucci, Genti, Karoubi, Bourrier ainsi que le docteur Bernard qui se retira au village après la guerre de 14-18. Bien que ne professant pas officiellement pour 5 Frs il arrachait les dents sans anesthésie de même que Amar Naïli le père de Nounès qui, lui, officiait dans sa gargotte.
Après la dernière guerre, un chirurgien dentiste, monsieur Elbaze, s'installe à Rouïba. II eut pour successeur Messieurs Davelluy et Crétien.

LE PROFESSEUR ALBERT CÉSARI (1873 - 1960)
Le professeur Albert Césari, natif de Kouba, possédait à Rouïba une ferme route de Réghaïa jouxtant le cimetière.
Ce fut un éminent dermato-vénérologue dont les travaux font aujourd'hui encore autorité. Ses découvertes sur le traitement de la syphilis lui donnèrent une renommée mondiale. Les américains lui ont érigé un monument à Philadelphie. Il termina sa carrière à Paris à l'hôpital Saint-Louis dont un pavillon porte son nom.

Les anciens médecins que j'ai connu Installés à Rouiba après l'indépendance sont : Dr GOUROU Abdelatif, Dr FERROUKHI,  quant aux Chirurgiens Dentistes le plus ancien et qui exerce toujours ses fonctions étant le Dr SEBAGH Farid depuis 1975.


Avec l'autorisation de Mr Pierre CARATERO

Le Centre de Santé

30/05/2009 19:52 par rouiba

8/-LE CENTRE DE SANTÉ

En 1945, le conseil municipal émit le vœu qu'un hôpital civil soit édifié sur la commune. L'autorité de tutelle refusa sa construction en évoquant qu'Alger n’était qu'à 25 kilomètres et que ses hôpitaux avait un potentiel suffisant pour accueillir les malades de la région de Rouïba.
Le 2 Février 1949, la construction d'un centre de santé est décidée. Le projet évolue rapidement et son coût est évalué à 1 600 000 Frs. La direction des affaires sanitaires donne son accord el propose même une participation financière. Mais un problème d'implantation se pose, aucun terrain n'étant disponible dans le centre du village le projet se trouve bloqué. Ce n'est qu'en 1954 que ce centre de santé fut construit, non pas par la municipalité mais par la caisse centrale agricole de Maison Carrée. C'est la commune qui fournit le terrain derrière les ateliers municipaux.
Le centre de santé comprend au rez de chaussée une salle de consultation avec radios¬copie, une pharmacie pour les produits courants, 2 salles d'attente l'une pour les hommes et l'autre pour les femmes, 2 salles de déshabillage, ainsi qu'un vestiaire et un W.C.
Au premier étage se trouve l'appartement de l'infirmière.
Ces locaux sont loués pour une somme modique à la commune pour 30 années minimum. La gestion financière du centre est, bien entendu, à la charge de la commune. Quant à l'infirmière, elle est directement désignée par la caisse agricole-Ce dispensaire devait vite s'avérer de grande utilité, tout particulièrement pour la population indigène la plus démunie qui pouvait recevoir les soins nécessaires à leur état de santé gratuitement.
Le 4 Janvier 1954, la commune faisait l'acquisition d'une ambulance.
Actuellement le centre est devenu une P.M.I

Avec l'autorisation de Mr Pierre CARATERO

La Prison

30/05/2009 19:49 par rouiba

7/-LA PRISON

La première prison de Rouïba fut aménagée sous le château d'eau situé entre les groupes scolaires garçons et filles en 1932. Deux cellules la composaient. Le moins que l'on puisse dire, les détenus étaient au frais...
Dans l'enceinte des bâtiments municipaux de la rue des écoles faisant office d'ate¬liers et de garage fut construite la nouvelle prison, avant la dernière guerre.
A la sortie des classes, lorsque la lourde porte d'accès était ouverte, les enfants ne pouvaient jamais s'empêcher d'y scruter l'intérieur. Je fus de ceux-là.
La prison se composait de 4 cellules de 4 mètres carrés chacune fermées d'une porte métallique avec œil de surveillance et aérées par un minuscule vasistas protégé de barreaux métalliques. Les entrées des cellules débouchaient sur une petite cour de promenade entourée de hauts murs surmontés de tessons de bouteilles et de fils de fer barbelés. Le seul aménagement intérieur des cellules était une paillasse de béton servant de lit.
N'ayant point trouvé dans mes relations quelqu'un qui eut l'honneur d'y séjourner je ne pourrai donc point vous entretenir aussi bien du confort que de la nourriture des détenus. C'était le garde-champêtre qui se chargeait de leur apporter les repas ; les dits repas étaient généralement confectionnés par le gargotier de l'avenue de Réghaïa.
La prison était peu fréquentée. Elle servait essentiellement à héberger les ivrognes titubants dans les rues du village le temps de «décuver» ainsi que de dépôt pour 24 heures en attendant que la sûreté urbaine d'Alger vienne prendre possession des prévenus.
Aucune célébrité de la criminalité y a séjourné, si ce n'est les 2 marocains qui assas¬sinèrent la famille Vives, qui y passèrent quelques heures entre 2 interrogatoires.
La prison servait aussi de morgue provisoire pour les victimes d'accident étrangères à la commune ainsi que pour les découvertes macabres faites sur le territoire de la commune. Quelques autopsies furent faites en plein air dans la cour de la prison.
Durant les événements d'Algérie avant la construction de la nouvelle gendarmerie qui avait ses propres cellules de sécurité, les gendarmes de Rouïba utilisèrent la prison à plusieurs reprises lorsqu'ils démantelèrent des réseaux terroristes.
Par contre l'armée stationnée à Rouïba ne l'utilisa pas. Dans les fermes où elle stationnait les cuves à vin permettaient d'abriter les «taulards» avec un minimum de risque d'évasion.


Avec l'autorisation de Mr Pierre CARATERO

Les fermes de Rouiba

30/05/2009 19:46 par rouiba

6/-Les Fermes de Rouïba

Devant le nombre important de domaines sur la commune, je me permettrai de vous donner les caractéristiques de ceux dont j'ai pu obtenir des renseignements précis.
Le domaine des 3 caves d'une superficie de 132 hectares dont 129 étaient plantés en vigne produisaient annuellement environ 6000 hectolitres. Sa cave, grâce à ses amphores en ciment armé (c'est le nom des cuves à vin), pouvait contenir 15 000 hectolitres.

Les domaines d'Antoine Camps se décomposaient comme suit : le Clos Haouch El Bey d'une superficie de 50 hectares d'excellente terre aux cépages sélectionnés produi¬sait 5 000 hectolitres. Sa cave bâtie en 1915 pouvait contenir 13 000 hectolitres. En 1948, ce domaine devenait la propriété de Hubert Masquera.
Le Clos des Mimosas qui, en 1962, appartenait à Albert Sintès associé à Hermancc Camps de 40 hectares assurait une récolte de 5 000 hectolitres, le Clos Saint-Jean 2 500 hectolitres pour 33 hectares et enfin le Clos Ste-Marie qui à l'origine était la propriété de monsieur Blasselle d'une superficie de 45 hectares donnait 3 500 hectolitres.
Le domaine Nicolas Décaillet créé en 1866 qui, en 1906, devait devenir la Société Décailler possédait une cave pouvant recevoir 25 000 hectolitres, fut de tout temps, une ferme modèle. L'un des 8 enfants de la famille, Barthélémy, inventa la cuve à fermenta¬tion à lessivage automatique qui, par la suite, devait se généraliser. Sa sulfaterie auto¬matique dont l'architecte constructeur fut monsieur Guérinau permettait à une personne de préparer toutes les bouiliies. En 1925, la ferme disposait d'une écurie moderne pour ses 48 chevaux bretons et avait ses propres ateliers de forge, charronage et bourrellerie. Le gérant de la propriété était Ernest Décaillet. Emile Décaillet possé¬dait le domaine Enendjéma de 70 hectares produisant 8 000 à 9 000 hectolitres de vin par an. Grâce à 4 puits d'un débit de 480 mètres cubes heure i 1 fut 1 e premier propriétaire à arroser ses vignes.
La propriété Humbert (Armand Dorgueil) route de Réghaïa, produisit 7 000 hecto¬litres sur ses 70 hectares. Dès 1920, monsieur Jules Humbert qui exploitait cette propriété possédait un tracteur.
Le domaine Barthélémy Sintès d'une superficie de 120 hectares n'avait que 45 hectares de yigne qui produisaient 7 000 hectolitres, 15 hectares d'orangerie, le reste des terres étant réservé aux cultures céréalières.
Parmi les petites propriétés, le domaine Lucien Bertrand et fils d'une superficie de 17 hectares dont 15 de vigne produisaient allègrement ses 2 200 hectolitres. La cave possé¬dait une cuverie de 2 500 hectolitres plus 9 000 hectolitres pour le stockage.

7- Vignoble

La vigne fut la principale culture de notre village occupant les trois cinquièmes de la commune. Cette culture se développa dès 1870 et ne fit que progresser d'année en année. Le tableau ci-dessous est plus que significatif. Une remarque s'impose : durant les années de guerre nous pouvons constater que la production diminue sérieusement ce qui prouve les soins demandés et attendus par la vigne.
L'agriculture à Rouiba employait 1200 personnes à l'année. A ce chiffre s'ajoutais les saisonniers qui atteignaient le milier durant les vendanges, ainsi que les tailleurs de vigne dont certains venaient d'Espagne.Il s'agit de véritables équipes d'ouvriers qualifiés encadrées d'un contremaître. En 1920, un tailleur de vigne touchait 8 francs par jour plus 2 litres de vin. En 1925, le salaire journalier était de 12 francs et 2 litres de vin ; pour les indigènes, moins qualifiés, le salaire était de 8 francs et sans vin.
En 1962, 120 exploitations appartenaient à des européens et 335 à des musulmans. 85% des terres cultivables étaient la propriété des européens, la ferme moyenne ayant une superficie d'une cinquantaine d'hectares
La Pépinière des Ponts de Chaussées
Sur le terrain communal se situant route de Ain-Taya où par la suite se trouvait la ferme de Jean Garcia le laitier, et la scierie d'Adrien Gilabert, une pépinière fut crée par les Ponts et Chaussées de l'époque dès 1900 .
En 2002 une pépinière a été crée après le cimetière GUEDHIA à l'embranchement Rouiba Fondouk appartenant aux Frère SENIA et qui existe à nos jours

- le phylloxéra

La vigne fut introduite à Rouïba par monsieur Anaud Dorgueil qui était originaire de la région bordelaise et ce dès 1864. Elie devait rapidement se développer et lorsque le phylloxéra fit son apparition dans les environs de Tlemcen en 1885 Rouïba avait déjà 603 hectares plantés.
La maladie fit son apparition dans le département d'Alger à la venue des colons du Midi qui avaient apporté dans leurs bagages des plants contaminés. Rouïba fut touché en 1908, ce fut catastrophique. Il fallut tout arracher et replanter le vignoble en plants américains sur lesquels on greffa les anciens cépages tels que le Carigan, le Grenache, PAlicante Bouschet rouge, la Clairette pointue, le Mersaguera ou encore le Maccabéo blanc. Le vignoble ne devait être reconstitué qu'en 1914. Plusieurs petits propriétaires furent ruinés et durent vendre leurs terres.

Avec l'autorisation de Mr Pierre CARATERO