Création de ma ville
30/05/2009 11:15 par rouiba
5- L'école Comunale
Dès 1884, le conseil municipal se préoccupa de la construction d'une école. Le projet retenu prévoyait la construction de 3 classes ; Tune réservée aux garçons, la seconde aux filles et la troisième pour les indigènes. C'est au décret du 6 Mars 1949 que nous devons la fusion des enseignements. Rouïba comme toutes les communes d'Al¬gérie avait jusqu'alors 2 enseignements distincts, l'un réservé aux français et européens, l'autre aux musulmans. C'est en 1887 que l'école ouvrit ses portes. Les 3 classes furent construites avenue d'Aïn-Taya en bordure de la route et étaient toujours utilisées en 1962. L'école n'avait que 75 ans et Rouïba comptait encore quelques uns de ses enfants qui pouvaient s'orgueillir d'avoir été les premiers à user leur fond de culotte sur ses bancs.
En 1910, l'école étant devenue trop exiguë, la commune construisit un nouveau groupe scolaire réservé aux garçons comprenant 6 classes au rez de chaussée et les appartements réservés aux instituteurs au premier étage derrière les premières classes existantes qui devinrent école de filles. Dans la cour un préau jouxtait les nouveaux bâtiments.
En 1923 avec le nombre toujours croissant d'enfants en âge scolaire obligea la muni¬cipalité à bâtir un nouveau groupe scolaire réservé aux filles juste derrière le château d',eau. On en profita pour y installer la classe maternelle que l'on appelait à l'époque : l'asile. L'ancien groupe scolaire filles fut à nouveau réaffecté à l'école de garçons.
En 1945 l'école primaire garçons occupait 5 classes, une bibliothèque publique fut constituée dans ses locaux. A partir de cette date les effectifs ne firent qu'augmenter.
Dès 1947 l'ex-école libre Saint-Paul de la gare fut reprise par la commune et agrandie. Puis 2 nouvelles classes de construction traditionnelle furent édifiées dans la cour de l'école de garçons. La démographie galopante obligea la commune à parer au plus pressé. Des classes préfabriquées furent montées aux abords du château d'eau autour duquel avait été aménagé le terrain de sport réservé aux scolaires ainsi que dans les jardins de l'école de filles. Il fallut même installer une classe provisoire dans les locaux techniques de la ville. A cette époque une classe avait un effectif entre 40 et 50 élèves.
Dès 1949 et jusqu'en 1959, 4 classes de cours complémentaires qui, par la suite, devinrent collège d'enseignement général furent créées dans les classes longeant l'avenue d'Aïn-Taya, Surcouf, Réghaïa et Maison-Blanche. Excepté l'école mater¬nelle, ce furent les seules classes mixtes que connut Rouïba.
Dès 1959 un nouveau groupe scolaire filles fut construit au quartier neuf. Il fut baptisé : groupe scolaire Camille Saint-Saens. Composé de 12 classes primaires et de 4 de cours complémentaire qui mettaient fin à une mixité de 10 années. Cette nouvelle école devait nettement améliorer la scolarisation des enfants. Quant à l'ancienne école de filles elle se transforma en école de garçons et les différentes classes en pré-fabriqué furent toujours utilisées.
Dans le but de faciliter la scolarisation dans les douars, 2 classes avec logements pour les instituteurs furent créées au douar Sbaat.
En 1962, les établissements scolaires se décomposaient comme suit :
Ecole de filles : 12 classes dans le primaire, 4 dans le secondaire Ecole de garçons : 18 classes dans le primaire, 4 dans le secondaire Ecole maternelle : 2 classes
Jusque dans les années 1955 en fin d'année scolaire une cérémonie de remise des prix se déroulait dans la cour de l'école de garçons. Elle était présidée par le maire et ses adjoints entourés du corps enseignant et des personnalités locales. Ensuite se tenait une kermesse organisée par la ligue locale d'enseignement. Des stands variés étaient à la disposition des rouïbeens et cette manifestation se terminait par une tombola. Je fus, une année, l'heureux gagnant d'une agnelle qui me posa quelques problèmes de parcage dans la villa de mes parents en attendant de trouver une personne qualifiée pour l'abattre.
Les derniers directeurs d'école de garçons furent monsieur Pelissier qui fit passer 42 fois le certificat d'études à qui succéda monsieur Dejoux puis monsieur Reicher qui assura ses fonctions de 1945 à 1962. Monsieur Pellissier laissa bien des souvenirs à ses élèves. D'une sévérité à toutes épreuves, maniant à merveille aussi bien la baguette d'olivier qu'il maîtrisait les mathématiques ou la grammaire, dans l'échelle des puni¬tions qu'il imposa, ce fut le pain sec qui resta à jamais gravé dans la mémoire de ses anciens élèves.
A midi, il se faisait un devoir de vérifier le pain des punis accompagné de son chien. S'il jugeait le pain trop volumineux, il déclarait : «C'est trop pour toi, tu n'auras pas le temps de digérer» et s'empressait d'en saisir la moitié. Si par hasard il découvrait à l'in¬térieur un morceau de fromage ou de charcuterie, il le confisquait et déclarait : «Tu peux bien partager avec Dick». Ses méthodes musclées ne furent point toujours du goût des parents et il arriva que certains d'entre eux viennent s'en expliquer de vive voix.
Parmi les instituteurs qui se succédèrent à l'école de garçons les anciens se souvien¬nent de mademoiselle Fredouille, monsieur Canabel, monsieur Nehman dont la sévé¬rité n'est pas légendaire (il décolla l'oreille d'un de ses élèves entre autre) et monsieur Morvan qui, mobilisé à la guerre 14 en guise d'adieu, lit à ses élèves un véritable cours de patriotisme. Quant aux plus jeunes, ils se souviennent de monsieur et madame Drevet, monsieur Charfaoui ou encore monsieur Cotini.
Les dernières directrices de l'école de filles furent mademoiselle Antoine, madame Vacassy née Obérieder, mademoiselle Arrivet à qui succéda, en 1952, madame Tramu.
De très bonnes institutrices ont assuré un très bon enseignement à la préparation des élèves à l'école supérieure d'abord à Blida puis à Maison Carrée.»
Parmi les institutrices qui dispensèrent leur savoir mesdames Gilles, Mora, Pereno, Gustavino, mesdemoiselles Rozan, Pujol, Albert, Bosser, Yvette Breil, madame Granier, Jacqueline Ballester, mademoiselle Lahire professeur de chant sont parmi tant d'autres à la mémoire de nombreuses rouïbéennes.
Après l'indépendance l'école a pris le nom "Ecole Mohamed KEBIR" et garda les mêmes architectures Jusqu'en 1970 où elle a été transformé en petite annexe pour les services de la Mairie. Quant à l'école des filles cette dernière a été démolie suite au dernier séisme.
Avec l'autorisation de Mr Pierre CARATERO
4- L'église
Le second édifice public construit à Rouïba fut l'église. Bâtie sur le communal devant la place qui devait porter son nom, la paroisse fut dédiée à Saint-Joseph. C'est à l'angle de cette place qu'en 1923 fut construit le kiosque à journaux tenu par madame Pons-Mazini.
La construction de la bâtisse ne fut qu'en partie financée par la commune, ses moyens Financiers, à cette époque, étaient très limités. Toutes les familles catholiques du village se mobilisèrent. Les propriétaires terriens mirent à disposition chevaux et charrettes pour le transport des matériaux et les plus démunis leurs bras.
L'aménagement intérieur et la décoration de l'église furent réalisés exclusivement par les paroissiens. Si les plus aisés offrirent qui une paire de vitraux, qui une statue, les plus modestes se regroupèrent pour ne pas être de reste. Même les habits sacerdotaux furent confectionnés et richement brodés par les femmes du village.
Bâtie en forme de croix, avec ses deux chapelles latérales, l'une dédiée à la Vierge Marie, l'autre à Saint-Joseph, l'église fut achevée en 1876. Dans le chœur se dressait l'autel de bois sculpté avec de chaque côté les prie-Dieu réservés au clergé ainsi qu'aux enfants de chœur. La chaire où l'on accédait par un escalier en colimaçon était également en chêne sculpté de même que les confessionnaux qui se trouvaient au fond de l'église. Dans les chapelles latérales les murs étaient parsemés de plaques de marbre dédiées aux Saints rappelant les vœux exaucés des paroissiens. De même dans la chapelle dédiée à Saint-Joseph une plaque commémorative où étaient gravés les noms des enfants de Rouïba morts au champ d'honneur rappelait leur sacrifice en 1914-1918 et 1939-1945.
Les statues, richement décorées, qui ornaient l'église avaient, toutes, gravé sur leur piédestal le nom de son généreux donateur de même que les vitraux. Les familles pratiquantes avaient leur Prie-Dieu à leur nom qui leur était réservé de droit aux différents offices. Les différentes stations du chemin de croix en bois sculpté et les lustres monumentaux suspendus à la charpente ne faisaient que rendre encore plus majestueuse notre église. Un balcon réservé à l'harmonium et à la chorale dominait l'ensemble. Son clocher abritait une unique cloche actionnée à l'aide d'une corde à partir du parvis. Elle servait aussi à sonner le tocsin en cas d'événements graves. En 1945 l'armistice fut fatal à Noémie (c'était son nom de baptême). Les jeunes du village la firent tellement carillonner qu'elle se fêla.
A partir de 1969 l'église fut squattérisée par des sans logis qui là transformèrent en asile de nuit. L’entrée principale fut aménage pour un dépotoir de pièce de rechange des engin de la mairie Puis en 1979 en accord avec l'évêché d'Alger l'église fut démolie pour laisser la place à une petite place donnant face à un salon de thé et à la mosquée Errahma.
L'orgue, la statute ainsi que les cloches de l'église ont été sauvegrader dans le hangar de la mairie jusqu'en 1979 où seules les cloches ont été adressés en France par l'association du carillon languedocien avec 72 autres en 3 opérations. Elles sont arrivées à Marseille par le Monté d'Oro le 26 Décembre 1979 et le 9 Janvier 1980 elles étaient à Carcassonne.
3- la salle des fêtes
La première salle des fêtes de Rouïba, et ce jusqu'en 1904, fut le théâtre baptisé «L'Alhambra». Le bâtiment donnait sur la place du marché et c'est à l'intérieur de cet édifice que se trouvait la pharmacie Nicolas Monpère. L'immeuble de ce que l'on avait surnommé la maison du théâtre n'avait jamais fait partie du théâtre et fut toujours utilisé en commerces et appartements. Des troupes itinérantes y donnaient des repré¬sentations et des bals s'y déroulaient. Il y eut même des expositions de matériel agricole dans ces locaux. Cet établissement devait fermer en 1908 à la construction du marché couvert. En 1962, sur le fronton de la bâtisse on y distinguait encore l'enseigne de l'éta¬blissement.
Puis ce fut le marché couvert qui fit office de salle de bals et ce jusqu'à sa démolition en 1926 qui ne fut point acceptée de gaîté de cœur par de nombreux Rouïbéens qui voyaient en cet édifice une page de leur jeunesse disparaître. Des cirques de passage au village y donnèrent des représentations. L'un deux en 1910 présenta un numéro de dres¬sage avec 2 éléphants, ce qui fut un événement!
C'est, également, en.1926 que fut inaugurée la salle des fêtes construite à côté de l'église. Il fallut raser tout un pâté de maisons basses datant des années 1860 qui faisaient partie de «la cour des miracles» dont la partie donnant sur l'avenue de Réghaïa existait toujours en 1962. Ce surnom avait été donné à ce pâté de maisons dans les années 1900, habité à l'époque par des familles du bas de l'échelle sociale, la cour inté¬rieure était régulièrement le théâtre de relations de mauvais voisinage entre les maîtresses de maisons quelque peu cancanières au verbe haut et pour qui tout prétexte était bon pour se chamailler. Comme la plupart de ces familles avaient une nombreuse progéniture plus ou moins turbulente, les occasions ne manquaient pas. A cela s'ajoutait la présence de femmes légères ce qui n'était pas pour arranger les choses. De plus, l'absinthe aidant, il arriva plus d'une fois que les époux s'en mêlèrent et de véritables pugilats s'y déroulaient. Un curé de Rouïba s'y trouva même mêlé bien malgré lui, ce jour-là comme bien d'autres d'ailleurs, assiettes et casseroles volèrent bas.
La salle des fêtes d'une superficie de 670 mètres carrés au sol, comprenait face à l'entrée principale de la place du marché une vaste scène avec coulisses. Grâce au balcon du premier étage, 800 places étaient disponibles. En 1950, les bancs de bois d'un confort tout à fait relatif laissèrent leurs places à des banquettes pliantes.
C'est dans la salle des fêtes que fut installé le premier cinéma parlant de Rouïba. Elle abrita des bals de société de même que les représentations théâtrales données par les différentes associations rouïbéennes. C'est, toujours, dans ce lieu que se déroulaient les fameuses réunions contradictoires lors des élections municipales qui faisaient salle comble.
A l'extrémité de la salle des fêtes, au rez de chaussée comme au premier étage, il existait 2 autres salles d'environ 200 mètres carrés chacune réservées à l'origine pour les sports en salle.
En 1935, la salle du rez de chaussée fut transformée en cantine scolaire. Il ne resta plus que la salle du premier qui servait aux entraînements de l'éphémère club de cultu¬risme et d'haltérophilie. Puis en 1951 elle servit à l'agrandissement de la cantine.
En 1950, la salle des fêtes fut entièrement restaurée, intérieurement comme exté¬rieurement. A l'extérieur du bâtiment un préau donnant sur la place mais aussi face à l'église abritait dès 1926 les jours de semaine les marchands de légumes qui avant sa construction se trouvaient sous le marché couvert. Dès 1958 avec la construction du nouveau marché, ils y furent installés ce qui ne fut pas du tout de leur goût prétendant qu'ils se trouvaient à l'écart du centre commercial du village.
LES ATELIERS MUNICIPAUX
Devant l'extension que prenait la commune, des ateliers municipaux furent cons¬truits en 1919, rue des écoles. Cette construction se composait d'un atelier permettant aux différents corps de métiers de travailler dans de bonnes conditions ; d'un garage spacieux abritant le matériel de lutte contre l'incendie ainsi qu'une écurie logeant 2 mulets qui servaient à tracter l'arroseuse et le tombereau des poubelles. Avec la méca¬nisation, l'écurie fut transformée à son tour en garage.
Après l'indépendance, la salle des fêtes est devenue le Bureau de la Main d'œuvre de la Wilaya d'Alger et qui resta à nos jours.
Avec l'autorisation de Mr Pierre CARATERO
2- La Poste
Le service des postes en Algérie fonctionna à partir 19 Juin 1830 soit 5 jours après le débarquement de Sidi-Ferruch. Il s'agissait de la poste aux armées dirigée par le payeur général militaire, commissaire général des Postes Firino. Il relevait de l'inten¬dant chef …. et avait sous ses ordres des payeurs principaux, des payeurs particu¬liers et des adjoints de première et deuxième classe.
Ces fonctionnaires portaient l'habit bleu roi, doublure et parements de même couleur, pantalon bleu (ou blanc pour la grande tenue), bicorne, épée, bottines avec éperons. Les grades se distinguaient aux broderies qui comprenaient une couronne royale.
Ces hommes, tous cavaliers, étaient fournis généralement par le train des équi¬pages. Sous-officiers et soldats portaient au bras gauche un brassard muni d'une plaque aux armes de France avec l'inscription : «Trésor et Postes de l'Armée».
Tels furent les premiers facteurs casernes à Alger qui, une fois par semaine, achemi¬naient quelques lettres au domaine de la Rassauta dès 1835.
Sous l'empire, l'uniforme des postiers passa du bleu roi au vert foncé. En 1848 la couronne royale du collet s'était transformée en clé et en 1852 la clé des broderies avait fait place à l'aigle impérial.
A partir de 1845 et ce jusqu'en 1854 le point de distribution du courrier pour Rouïba se faisait à la ferme de Monsieur Arnaud d'Orgueil une fois par semaine. Ce n'est qu'à partir de 1854 qu'il y eut 2 distributions hebdomadaires sur la place du village et ce jusqu'en 1861. C'était l'occasion, pour la population, de se retrouver et d'échanger les nouvelles du pays.
Dès 1860 le Comte de Chasseloup-Laubat réorganisa le service des postes et le démilitarisa. Rouïba eut en Mars 1861 son bureau de distribution situé dans le relais de diligences, avenue d'Alger, qui, l'année suivante, devait abriter la mairie. Le personnel affecté à ce bureau se composait uniquement d'un distributeur. Il faudra attendre 1863 pour que Rouïba ait un facteur.
Le premier tampon de Rouïba était un losange pointillé à petits chiffres et portait le numéro 4373. Dès 1863, un nouveau tampon fut mis en service, de forme identique il se différenciât du premier par de gros chiffres et portait le numéro 5059. Ces tampons, toujours accompagnés d'un cachet dateur, existèrent jusqu'en 1876.
A la construction de la mairie le bureau de distribution y fut transféré. Mais ce n'est que le 1er Novembre 1882 que Rouïba eut son bureau des recettes postales. Quant au service télégraphique, nous retrouvons dans les archives postales de 1878 la création d'un bureau dans la commune de la Rassauta qui, à l'époque, n'existait plus. Je pense qu'il s'agit de Rouïba. Ce qui est certain c'est qu'en 1882, Rouïba avait son service.
Les locaux devaient s'avérer exigus au fil des ans. Dès 1900, le conseil municipal inscrivit dans ses projets la construction d'une nouvelle poste. L'emplacement retenu se situait à l'angle de l'avenue de la gare et de la place du futur monument aux morts. C'est en 1906 que fut inaugurée la nouvelle poste. Au rez de chaussée se trouvaient les guichets ainsi que le standard téléphonique et le service des télégraphes ; le premier étage était réservé à l'appartement du receveur.
Devant l'extension du village, elle s'avéra à nouveau trop petite et en 1950 il fallut en construire une nouvelle à l'angle de la rue des écoles et de la route d'Aïn-Taya dans ce qui était la cour de la mairie. Le rez de chaussée, outre les guichets, comprenait le service du tri postal ainsi que le central téléphonique. Au premier étage, des bureaux avaient été aménagés ainsi que l'appartement du receveur. Jouxtant ce bâtiment, le service régional des lignes qui assurait la construction et l'entretien des installations téléphoniques rayonnant les secteurs de Rouïba, Aïn-Taya, le Corso, l'Alma, Fondouk, Saint Pierre Saint Paul. Parmi les chefs d'équipe qui le dirigèrent, monsieur Laroche devait avoir comme successeur monsieur Locaputo dont le fils Norbert devint prêtre. Durant les événements d'Algérie, ce service eut un surcroît de travail, les terroristes ayant un faible pour les poteaux téléphoniques, surtout le long des voies ferrées. Le service de dépannage des abonnés était assuré par monsieur Bonnet puis par monsieur Deschène.
Plusieurs directeurs de poste se succédèrent. Monsieur Touzillier, qui, dans les années 1930, gagna le gros lot de 5 millions à la loterie nationale, monsieur Vincent, monsieur Vangioni, mademoiselle Durant, et bien d'autres encore.
Parmi les facteurs messieurs F. Bousquet, Pacou, Etienne Accens, Planté grand invalide de guerre, Lambert, Vella, Guerrin, Lecatt dit «Boutita» qui au quartier neuf courrait souvent après son vélo que Luc Sendra affectionnait tout particulièrement, ainsi que monsieur Edmond Camps nous ont laissé le souvenir d'hommes serviables de même que les guichetières telles que mesdames Pellet, Torrent, Gaby Lillo, Rémyette Vix-Rubiné, madame et mademoiselle Bonnet, madame Toru et madame Maupas entre autres. Le standard téléphonique fut tenu par Josiane Vella.
A titre indicatif, l'Algérie possédait 97 bureaux de poste en 1860. En 1880 elle en comptait 295 et en 1962 1167.
A l'évocation de ce sujet on pourrait penser que ce service public a eu quelques diffi¬cultés à se développer. Il faut savoir que fin 1830 l'Algérie comptait 600 européens, en 1836,14 000 et en 1872, 244 000 dont 129 000 français 34 000 citoyens israélites, 575 000 musulmans en territoire civil, 1 550 000 musulmans en territoire militaire. Ces chiffres s'entendent armée non comprise bien entendu.
Pour Rouïba, voici le détail de la population :
1861:212 F- 859 ET - 2 I - 908 M* 1866 : 203 F - 1 071 ET - 2 1 - 1 024 M
1872 : 140 F - 464 ET - 2 I - 1 055 M 1876 : 118 F - 614 ET - 2 I - 1 086 M
* F : Français - ET : Etrangers - I : Israélites - M : Musulmans
Après L'indépendance, le siège de la poste resta lui-même et sans changement, ce n'est qu'en 1982 qu'à eu le transfert de la poste à la sortie de la ville Bd amirouche à coté de l'ex maison de bouchardon le laitier de Rouiba. L'ancienne poste est devenue ACTEL Télécom, qui assure la facturation des lignes téléphonique et l'installation de l'internet.
Avec l'autorisation de Mr Pierre CARATERO
La Mairie
Le premier local faisant office de mairie, et de bureau de police fut installé en 1861 dans une partie du bâtiment abritant le café maure, arrêt des diligences situé avenue d'Alger. Cette maison qui fut la première construction du village avait été bâtie dans les années 1850 en torchis. En 1863 le bureau de poste y fut installé.
Ce n'est qu'en 1869 que fut bâtie la mairie que nous avons tous connu. L'emplacement choisi, en plein centre du village, était à l'origine un marécage où pullulaient canards sauvages et autres gibiers d'eau. Pour bâtir le bâtiment communal, il fallut raser une ancienne écurie datant de la création du village. La construction devait aussi abriter la poste et le commissariat. Le commissariat, auquel on accédait par la porte de droite, devait conserver ses locaux jusqu'en 1962. La porte centrale donnait accès au secrétariat de la mairie ainsi qu'à la salle du conseil ; quant à celle de gauche c'était la poste.
En 1906 avec la construction d'une nouvelle poste donnant sur la future place du monument, on en profita pour déménager le secrétariat de mairie dans les locaux laissés vacants et de consacrer toute la partie centrale à la salle du conseil. La salle du conseil sobrement décorée avec face à la porte d'accès une cheminée de marbre au dessus de laquelle se trouvait «la Marianne» entre 2 tentures tricolores, était multi fonctionnelle. C'est autour d'une longue table de chêne clair que se tenaient les délibérations du conseil municipal. C'était aussi dans cette salle qu'étaient célébrés les mariages civils, que se tenait le bureau de vote du village et que parfois des expositions étaient réalisé.
La mairie était bâtie en forme de L. Sa façade principale donnait sur la place de la République. Au centre une colonne supportait un buste symbolisant la République entouré d'une grille de fer forgé. En 1922 alors que la fête du village se déroulait en présence d'une nombreuse assistance, le buste de Marianne se détacha de son piédestal. Mademoiselle Marguerite Serra fut blessée. On découvrit rapidement la raison : une corde qui avait été fixée entre la Marianne et l'un des palmiers de la place servait à suspendre les fameuses marmites surprises de terre que l'on cassait à l'aide d'un bâton. Des enfants s'étaient suspendus à la corde et avaient fait basculer le buste. On s'empressa de faire disparaître les restes du monument. Quant au buste de Marianne, un bronze de 43 kilos, il fut installé dans la salle du conseil.
Le deuxième corps du bâtiment donnant sur la cour avenue d'Aïn-Taya abrita les services techniques du village ainsi que le bureau des contributions jusqu'à la construction des ateliers municipaux rue des écoles en 1919. Une partie de ces locaux fut convertie en logement de fonction.
Le premier étage de la mairie abrita jusqu'en 1919 le comptoir d'escompte qui avait été créé par les propriétaires terriens de la commune et qui en assuraient eux-mêmes la gestion. A leur départ, le premier étage fut réaménagé. On y installa le secrétariat de mairie, les bureaux du maire ainsi que du secrétaire. Un logement de fonction réservé au secrétaire de mairie fut créé. L'ancien secrétariat du rez de chaussée, quant à lui, fut transformé en bureau d'aide sociale. C'est dans ces locaux, avant que ne soit construit le dispensaire, que se déroulaient les différentes campagnes de vaccination. Ces locaux servirent aussi de bureau de vote pour le deuxième collège.
L'état civil fut de tous temps le problème le plus épineux qu'eurent à résoudre les différents secrétaires de mairie tout particulièrement avec la population musulmane qui omettait de déclarer naissance et décès. Si dès 1945, les allocations familiales réglèrent la question des naissances et décès des enfants scolarisés, le problème resta entier pour les autres générations de la population musulmane jusqu'aux événements d'Algérie. En effet, l'obligation d'être muni d'une pièce d'identité à tous moments eut pour mérite de clarifier quelque peu la situation. Officiers aux affaires algériennes et gardes champêtres s'attelèrent à ce délicat problème. Certains individus ne connaissant pas leur date de naissance furent déclarés «nés présumés». D'autres savaient être nés «l'année du choléra» ou «l'année des sauterelles» ou encore «l'année de la venue du Président de la république en Algérie» et ainsi de suite. On fit la transcription! Certains ne connaissaient même pas leur nom de famille. Une formule fut consacrée : «S.N.P.» (Sans nom patronymique) suivi de leur prénom ainsi que du prénom du père, qui, dans bien des cas, étaient identiques. Il y eut de nombreux : S.N.P. Mohamed Ben Mohamed...
Après l'indépendance la Mairie de Rouiba a été géré par le comité de gestion pendant 03 ans ce n'est qu'en 1966 qu'à eu lieu les premières éléctions éléctorale.
Le siège de la mairie a connu plusieurs modifications et la première extention a eu lieu en 1970 en commençant par ce qui était le terrain de boulodrome qui a été transformé en des bureaux pour l'état civil.
D'autres bureaux supplémentaires ont été crées en forme de petite annexe dans l'ex: Ecole des garçons "Ecole Mohamed KEBIR" dont les classe transformées en locaux pour: Bureau des comités des fêtes, Bureaux des services techniques, bureau des enfants de Chouhada, Bureau des enfants des Moudjahidines.
Suites aux dégâts causés par le dernier séisme les bureaux de la mairie ont été transférés à l'encien siège de la Daira qui se trouvait à l'entrée de la ville exactement dans l'ancienne villa Mira et l'entreprise Ballester. Seul le bureau du sport qui resta dans le même lieu et place dans le siège de la mairie.
Quant aux reste des bureaux ces derniers ont été transformés en grande salle d' exposition-vente de livres et objets artisanaux de toutes les wilayates. Cette salle qui abrite l'exposition s'étand sur une superficie de 200 m2 environ.
La dernière exposition a été organisé par une maison d'édition du livre. Cette exposition qui vient indéniablement combler un vide tant ressenti par les amateurs et les adeptes de la culture livresque, propose à la vente des livres très éclectiques, allant de l’histoire à la culture générale, en passant par l’art culinaire, le livre religieux et scolaire et celui pour enfants.
Avec l'autorisation de Mr Pierre CARATERO
I/-Création de Rouiba
C'est sous Napoléon III, le 11 Août 1853, que le conseil du gouvernement se penche sur un projet de fondation d'un centre sur la route Alger - Dellys à l'embranchement du chemin d'Aïn-Taya, ayant pour vocation un lieu de gite et de culture.
Le 30 Septembre de la même année est publié le décret suivant :
Napoléon
Par la grâce de Dieu et la volonté nationale
Empereur des Français à tous, présents et à venir : Salut
Vu les ordonnances des 21 Juillet 1845, 5 Juin et 1er Septembre 1847
Sur le rapport de notre ministre secrétaire d'état au département de la guerre :
Avons décrété et décrétons ce qui suit
ART. 1 : Il est créé dans l'arrondissement d'Alger sur la route Alger - Dellys un centre de population de 22 feux qui prendra pour nom ; ROUÏBA.
ART. 2 : Le territoire agricole affecté à ce nouveau centre, ce conformément au plan ci annexé, est de 585 ha 85 a 20 ca.
Fait au palais des Tuileries, Le 30 Septembre 1853 Signé NAPOLÉON
ROUÏBA VILLAGE MAHONNAIS
Notre Rouïba venait d'être porté sur les fonts baptismaux. Mais que signifie Rouïba? Ce qui est inconstestable c'est que son origine provient de l'arabe ou du berbère. Quant à sa traduction les avis divergent.
Je me contenterai, sans prendre position, de vous donner 4 traductions possibles. La première pourrait être, comme les autres d'ailleurs, une traduction déformée de «petite forêt» bien que personne n'en ait point connu. La seconde «la descente» ce qui s'expli¬querait par la situation géographique de Rouïba. La troisième serait «petit ruisseau» bien que Rouïba ne fut traversé par aucun d'entre eux. Quant à la quatrième, le nom du village viendrait de «broussailles». Pour ce qui est de la broussaille, nos ancêtres en ont trouvé et en ont défriché, il n'y a pas l'ombre d'un doute à ce sujet.
Ce n'est que début Mars 1854 qu'eut lieu l'adjudication des 22 concessions qui ne furent remises officiellement à leurs propriétaires qu'à la fin de ce mois, avant la saison des pluies. Chaque adjudicataire dût débourser 1500 francs et prouver q'il disposait d'une somme équivalente pour réaliser les différents travaux de mise en valeur des terres ainsi que la construction de son habitation. Pour prévenir d'éventuelles spécula¬tions, le contrat prévoyait que le colon devait cultiver, pendant 3 ans, ses terres avant de pouvoir les revendre. Chaque concession se divisait comme suit :
1er lot :
Cinq hectares de bonne terre située dans la partie orientale du village qui avait été préalablement défrichée par l'armée.
2ème lot:
Huit hectares et demi dans la partie occidentale de la commune à défricher.
3ème lot:
Cinquante ares dans la partie actuelle de Rouïba aplanis et défrichés également par
l'armée et réservés à l'habitation. Soit au total une superficie de 14 hectares par adjudicataire à laquelle s'ajoutait un communal de 70 hectares pour le bétail.
Qui furent ces 22 familles de pionniers qui, à la sueur de leur front et au péril de leur vie, guettés autant par la maladie que par les brigands, fondèrent Rouïba? Aucun document officiel ne les désigne nominativement, si ce n'est que l'un d'entre eux qui précise que presque tous les colons étaient mahonnais et avaient été choisis suite aux très bons résultats obtenus par leurs compatriotes de Fort de l'eau.
C'est les 6 et 7 Mars 1854 que les premiers adjudicataires vinrent prendre possession de leur concession avec engagement de bâtir leur maison dès le mois suivant pour qu'à l'automne cultures et ensemencement puissent être réalisés. Fin 1854, 12 maisons étaient construites et 11 familles y habitaient, soit 42 personnes.
Au 31 Décembre 1855, 95 hectares avaient été défrichés et 49 ensemencés. Ce n'est qu'en 1856, que le village fut achevé. Les 22 familles étaient installées, 224 hectares étaient en rapport et 2600 arbres avaient été plantés. Chaque maison avait son puit d'une profondeur de 10 à 12 mètres. Avant de les creuser, on avait recours aux sourciers qui, à l'aide d'une montre de gousset ou d'une baguette d'olivier, détectaient les nappes phréatiques. Cette méthode de recherche s'appliqua de tous temps. J'ai le souvenir du «Petit Mora», employé des chemins de fer algériens, qui mettait ses talents ou plutôt ses dons à la disposition de ses amis désireux de construire leur puit.
En 3 années, 70 % des concessions étaient cultivées. Avec les moyens dont disposaient les colons de l'époque, le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils ne s'étaient pas tournés les pouces. Le village était toujours inclus dans la commune de la Rassauta qui regroupait Rouïba, Aïn-Taya, Matifou ou Aïn-Kahla (la source noire), Aïn-Béïda ou Suffren (la source blanche) et Fort de l'eau qui devint commune de plein exercice le 2 Juin 1851. Rouïba devint commune de plein exercice le 1er Janvier 1862. Voici le décret :
ART. 1 : Sont érigées en communes de plein exercice dans le département d'Alger, les
sections de communes ou centres dont les noms suivent : ROUÏBA.
ART. 2 : Les limites de cette nouvelle commune sont fixées et notifiées comme suit : «La commune de Rouïba outre son chef-lieu comprend les hameaux d'Aïn-Béïda, Matifou et le village d'Aïn-Taya ce dernier formant section de commune.
La commune est délimitée comme suit : Au Nord, la mer depuis l'embouchure de l'oued Hamiz jusqu'à l'embouchure de l'oued Réghaïa
A l'Est, l'oued Réghaïa, l'oued El-Biar et la limite Ouest de Haouch Ben Aïda jusqu'à l'ancienne
route de Dellys.
Au Sud, la route Alger - Dellys jusqu'à l'oued Hamîz.
A l'Ouest, l'oued Hamiz»
ART. 3 : L'organisation du conseil municipal est ainsi fixée : le nombre de conseillers municipaux est fixé à 10, maire compris.
ART. 4 : Le présent décret ne recevra son effet qu'à partir du 1er Janvier 1862.
ART. 5 : Des arrêtés du préfet du département d'Alger fixeront les détails d'exécution pour les partages à faire entre les communes anciennes et les sections de communes érigées en communes nouvelles
ART. 6 : Notre ministre, secrétaire d'état au département de la guerre, et le gouverneur général de l'Algérie sont chargés du présent décret
Camp de Châlons le 22 Août 1861 Signé : NAPOLÉON
Le secrétaire d'état au département de la guerre RANDON.
Cependant entre le 30 Août 1864 et le 14 Septembre 1870, les limites de la commune devaient se modifier au Sud comme au Nord. Le 30 Août 1864, certains habitants du Fondouk présentaient une requête à leur conseil municipal demandant à être rattachés à la commune de Rouïba pour raison d'éloignement et de difficultés de communications surtout en hiver. La partie du territoire concerné s'étendait au Nord du chemin qui allait de l'oued Hamiz à l'oued Réghaïa. Le conseil municipal du Fondouk, à l'unanimité, rejeta cette suggestion. Les choses n'en restèrent pas là. Une commission comprenant une délégation des signataires de la pétition ainsi que des habitants de Rouïba se réunissait et adressait au Préfet les résultats de leur enquête. Le 27 Février 1867, le préfet accordait les modifications des limites de la commune
Au Sud avec la commune d'Aïn-Taya ce fut tout autre chose. Le 14 Septembre 1870, Aïn-Taya ayant été décrété commune de plein exercice, les pourparlers entre les communes de Rouïba et Aïn-Taya concernant le litige sur la frontière des 2 communes valait au préfet le rapport suivant :
"Commune Rouïba - section Aïn-Taya avec les hameaux d'Aïn-Béïda et Matifou -Affaire difficile".
Le 22 Août 1872 en mairie de Rouïba une commission composée d'une délégation des 2 communes avec à leur tête les maires de Rouïba et d'Aïn-Taya ainsi que monsieur Loucias, géomètre, étudia les plans et s'informa auprès des indigènes. Il fut décidé que la limite des 2 communes serait le chemin d'Alger à Dellys, ce chemin partant de l'oued El Biar à l'Est, se dirigeant à l'Ouest en suivant la crête de la colline jusqu'à la ferme Ben-Daly Bey puis en ligne droite jusqu'à l'oued Boréah.
Le litige aurait été réglé le 28 Août, les participants de la commission s'étant mis d'accord pour tirer en ligne droite la frontière des 2 communes avec abandon réciproque des parcelles. Mais le maire d'Aïn-Taya prétextant qu'il n'y avait pas eu d'informations transmises au préfet rejeta catégoriquement le compromis. Le préfet trancha en faveur de la commission. Ainsi fut enfin réglé le litige vieux de 25 ans.
Après l'indépendance les limites de Rouiba ont été modifiées comme suit:
La commune de Rouïba outre son chef-lieu comprend les hameaux suivants:
Haouch R'mel récement rajouté à la commune de Rouiba, Benchoubane, Haouch Rouiba, Sbaat, El Merdja, Mouadsa (Nom de la grande famille "les Mouaci", et Hai Enasr (Hamiz- Bagur).
La commune est délimitée comme suit : Au Nord, Jusqu'au l'embranchement de la route Rouiba –Dergana à la la limite de l'haouche Bendali Bey "Laiterie Betouche actuellement"
A l'Est, jusqu'à la limite Ouest de Haouch Ben Aïda jusqu'à l'autoroute "l'ancienne route de Dellys".
Au Sud, le hameau Chebacheb qui est partagé avec la commune de Khemis El Khachena ex: Le Fondouk
A l'Ouest, le hameau de Hai Nasr et l'oued Hamiz.»
Avec l'autorisation de Mr Pierre CARATERO
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Je vous souhaite toutes et tous une bonne visite
Au restaurant la veille du retour en France